De stagiaire IUFM à néotitulaire

mes souvenirs de débutante

26 mai 2007

Et la suite?

J'arrête ici la narration de mes exploits de débutante.

Les élèves suivants se ressemblent: bavards, pas travailleurs, chahuteurs... mais petit à petit, j'arrive à les faire travailler. Progresser, je ne sais pas. Je l'espère. Les quatre ans qui suivent sont encore difficiles: les conflits avec les élèves sont fréquents, je deviens la hantise des CPE pour le nombre de rapports que je rédige et d'élèves que je vire de cours. Les reproches que m'adressent les CPE, les proviseurs et inspecteurs me paraissent injustifiés et heurtent ma susceptibilité. Je me braque. Mes collègues raisonnent comme moi, ce qui ne me pousse pas beaucoup à réfléchir sur mes pratiques. Les stages du PAF (formation continue) ne m'apportent rien du point de vue pédagogique, mais certains sont intellectuellement enrichissants. Je ne m'inscris d'ailleurs qu'à ceux-là.

Je change sous l'influence des élèves. Mon autoritarisme mal assuré les révolte et j'ai parfois des classes qui improvisent des "cellules de crise" pour m'expliquer qu'ils n'en peuvent plus. Je mets beaucoup de temps à m'adapter à eux, mais je crois qu'aujourd'hui, je suis "au point". Je suis ferme, exigeante, mais je perçois désormais les limites de ce qu'ils peuvent supporter. Quand on les a presque atteintes, on discute -de manière plus ou moins mouvementée- et ça finit toujours par se calmer. On repart sur de meilleures bases (jusqu'à la prochaine crise!)
Je change aussi sous l'influence de mes proviseurs. Là, je dois dire que ça m'a demandé beaucoup de temps pour tenir compte de leur injonction "il faut faire autrement". Oublier le réflexe primaire du prof qui s'offusque de cette "ingérence" dans leur pré carré. Trouver en soi-même des solutions. Ne pas tout attendre de l'administration. Une fois ce cap passé, les relations deviennent beaucoup plus sereines avec elle.

Ce métier demande une constante remise en question personnelle, professionnelle... et c'est éprouvant. On doit accepter de jouer un rôle qu'on n'avait pas prévu de jouer. Je croyais qu'être prof, c'était juste faire cours. Je croyais que pour être obéi, il suffisait de donner des ordres. J'avais tout faux!

Posté par stagiaire_iufm à 15:00 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Je suis vraiment bouleversée à la lecture de ces textes. C'est la première fois que je vois un prof parler ouvertement de la réalité de son travail...

    Posté par June Prune, 02 octobre 2009 à 22:33

Poster un commentaire