De stagiaire IUFM à néotitulaire

mes souvenirs de débutante

22 mars 2007

Nouveautés sur le blog

20 juin 2007:

Inauguration de la rubrique "conseils"

26 mai 2007:

J'ai rétabli l'ordre chronologique pour faciliter la lecture de mes aventures.

Ne vous gênez pas pour poster des commentaires, même sur d'anciens messages; j'y répondrai. Peut-être vais-je aussi créer une rubrique "conseils en vrac"

... à suivre.

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23 mars 2007

Pourquoi ce blog?

Je suis prof depuis quelques d'années et j'ai, au fond d'un tiroir, un vieux cahier dans lequel j'ai noté, pendant mon année de stage, toutes mes impressions et mésaventures. Plusieurs fois, je me suis dit que j'allais le jeter. Mais avant, je voulais en recopier quelques passages marquants. Je ne peux me résoudre à détruire ces pages, souvenirs d'une époque détestée et traumatisante, mais tellement importante.

J'ai débuté dans une des académies les plus difficiles de France, et voici comment nous y avons été préparés...

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24 mars 2007

Pré-rentrée

Début Septembre. Les cours n'ont pas encore commencé pour les élèves et nous sommes conviés à l'IUFM pour préparer nos premières séances. Je ne me rappelle plus à quel moment nous apprenons où exactement nous aurons à enseigner...

Nous nous retrouvons à l'IUFM. Nous nous connaissons tous, à peu près, étant donné que ce concours (le CAPLP2 Lettres-Histoire) est rarement réussi par des candidats libres: en effet, en enseignement général, la bivalence est de mise, et il nécessite une sérieuse préparation. L'IUFM nous l'a donnée. Nous avons tous consacré une année à travailler de manière intense, et exclusive, ce concours. Les enseignants étaient -presque- tous de niveau universitaire, compétents, et formatés aux épreuves. La moitié de la classe a décroché le sésame pour la deuxième année: mauvaise année, en fait. Les places commencent à se faire rares dans tous les concours de recrutement de l'enseignement, ce qui augmente le niveau général.

Cela fait presque une semaine que nous assistons aux cours de nos formateurs et je suis pessimiste: ils sont certes sympathiques ("on se tutoie maintenant que nous sommes collègues!"), mais ils n'ont plus enseigné en Lycée professionnel depuis 25 ans. Les publics de ces établissements scolaires n'ont pourtant  plus rien à voir! Nous allons avoir affaire à des élèves fortement démotivés, démoralisés par le collège unique, orientés de force dans des sections qui ne les intéressent pas et, dans cette académie de la région parisienne, maîtrisant mal la langue française.

La préoccupation première de nos formateurs est que nous organisions bien nos séquences et nos séances. Ils utilisent un vocabulaire que je ne comprends pas. Cela fait une semaine que je me demande pourquoi les formateurs d'enseignants débutants sont des planqués qui ne pourront pas nous aider efficacement. On nous fait croire que la motivation de ces exclus du parcours normal de la scolarité (car c'est bien ça, l'orientation en LP) ne dépend que de nous. D'où cette insistance à bétonner nos séquences. En Français, qu'est-il donc important de faire en premier? Les fonctions du langage!
Je crois que la première fois que j'ai entendu parler des fonctions du langage, c'est vers la fin de l'année de préparation au concours, lors de l'entraînement aux épreuves orales. C'est dire que ces notions sont familières aux bacheliers des années 1980 que nous sommes. L'enseignement du Français a en effet connu une révolution complète: l'histoire littéraire a disparu, le Lagarde et Michard est une oeuvre dont il convient de se moquer... Les cours de Français en LP se limitent à l'apprentissage de notions de linguistique et de stylistique; certaines de ces notions sont d'ailleurs très mal définies par les spécialistes eux-mêmes, comme par exemple les registres, ou la typologie textuelle.

Je suis très malheureuse à la perspective d'avoir à enseigner cela à mes élèves.

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25 mars 2007

Les fonctions du langage, donc...

Nous sommes deux à nous montrer critiques quant à cette progression consistant à aborder le schéma de la communication et les fonctions du langage dans un premier cours de Français.
Surtout que les objectifs paraissent bien faibles: il s'agit de faire comprendre aux élèves que nous ("émetteur") parlons à quelqu'un ("récepteur"), grâce à une langue ("code") et grâce à des sons articulés ("canal"). Et surtout qu'il y a un message. Lequel message a plusieurs objectifs, tout comme le langage (ouah, super transition pour aborder la typologie): raconter, décrire, convaincre, expliquer... Sauf que ça ne colle pas exactement. On ne peut pas mettre en parallèle fonctions du langage et types de texte.

Aujourd'hui, je ne sais toujours pas à quoi sert vraiment ce chapitre.
Donc je suis pragmatique: comme ce n'est pas demandé à l'examen, je ne fais pas les fonctions du langage. En revanche, j'enseigne les types de textes, car c'est parfois demandé au BEP.
Je ne comprends pas trop pourquoi on s'échinerait à faire comprendre à des élèves de LP des notions somme toute assez complexes et qu'on ne saisit que lorsqu'on sait.

L'après-midi est consacré à la fabrication de séquences sur les fonctions du langage, en groupes. Puis chaque groupe doit présenter son travail devant les autres qui doivent émettre un avis. Bien sûr, nous trouvons toutes les propositions bonnes. On ne va quand même pas perdre de temps avec ces bêtises!

Le lendemain c'est la pré-rentrée. La vraie. Celle où on va dans nos lycées.

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26 mars 2007

La pré-rentrée au lycée

Déjà, je me perds à la sortie du bus, mais comme la réunion a commencé avec quarante minutes de retard, ce n'est pas grave. Je me sens un peu seule parmi tous ces profs qui se racontent leurs souvenirs de vacances. Heureusement, il y a un autre stagiaire, en EPS celui-là, tout aussi isolé que moi.
On écoute le proviseur faire son discours de pré-rentrée, puis il présente les nouveaux venus... sauf moi. Je bondis et me présente. Puis c'est relâche, tout le monde s'ébroue gaiement, mon stagiaire EPS est pris en charge par son tuteur, mais moi je reste plantée encore de longs moments avant que ma tutrice vienne vers moi pour me dire que comme elle est au [Syndicat], elle aurait dû refuser d'être conseillère pédagogique et qu'elle était donc dans une position contradictoire, et que ça pourrait se produire en cours d'année, elle ne savait pas trop encore.
Ah?
Puis d'autres copains du [Syndicat] sont venus pour appuyer ses propos: la formation actuelle des stagiaires est inacceptable. Ils sont contre.

J'ai suivi toute cette petite bande au café où ils se réunissent et déjeûnent régulièrement. Puis nous sommes revenus au lycée où les réunions se sont succédé, déversant des flots d'informations dans ma tête surchargée...  Ensuite, j'ai couru après les clefs. Je croise le proviseur qui me dit juste "Et surtout, vous les tenez, hein!"

Ça promet...
J'ai encore un peu de répit car je n'ai cours avec les élèves qu'en fin de semaine. Mais avant, j'aurai encore droit à quelques séances à l'IUFM.

Toutes les semaines seront organisées de cette manière: IUFM deux jours par semaine, et six heures de cours au lycée (4 heures assurées par moi dans une classe de Terminale BEP "Action Commerciale Comptabilité" -appellation de l'époque- et deux heures d'observation dans la classe de Bac pro "Vente Représentation" de ma tutrice)

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28 mars 2007

En attendant de faire cours

Je retourne au lycée pour travailler avec ma conseillère pédagogique qui m'explique beaucoup plus clairement que l'IUFM en une semaine ce que je dois faire pour bâtir mes cours. Cela me rassure, mais je suis tout de même un peu inquiète; j'appréhende le premier contact avec les élèves... et je m'inquiète aussi à cause des cours à l'IUFM. Au contact de ma tutrice se confirme le vide abyssal entre nos besoins et ce que vont pouvoir nous apporter les formateurs.

Les jours suivants, à l'IUFM, nous subissons des heures de "tours de table" racontant nos premières séances avec les élèves. Ceux qui ont déjà eu leurs élèves ne rencontrent pas de difficultés particulières. C'est ce qu'ils disent.
L'IUFM a demandé aux établissements nous accueillant de nous confier des classes de Secondes BEP, ce qui a été respecté... à mon exception près. J'ai une classe qui passe un examen à la fin de l'année! Et en plus, cette classe avait déjà eu un stagiaire l'année précédente.

Nous commençons déjà à prendre nos aises avec les horaires à l'IUFM. Les pauses durent très longtemps. Nous arrivons en retard, partons à l'avance, nous absentons des heures pour travailler ou discuter au CDI. De toute manière, nous ne perdons rien. Nous évitons d'aller à l'affrontement avec les formateurs. Pour l'instant.

La veille de mon premier cours, je suis morte de peur. Je n'arrive pas à déterminer les "traces écrites". Il est déjà très tard et je vais me coucher en me disant que j'improviserai.

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29 mars 2007

Rétrospective

ici: Pourquoi l'IUFM est critiqué de manière si virulente.
Cet article est intéressant, surtout quand il relate la mutation de l'étudiant "tanguiesque" en enseignant-référence-pour-les-djeunz. Mais aujourd'hui, je ne trouve toujours aucune utilité à la formation qui nous a été dispensée. Le seul point positif de cette année aura été de nous introduire dans le métier avec un emploi du temps très allégé. Parce que les premiers mois, il me fallait une journée pour préparer UNE heure de cours!

Posté par stagiaire_iufm à 20:00 - Commentaires [2] - Permalien [#]

31 mars 2007

Rétrospective (suite)

En fait je me rends compte aujourd'hui que l'IUFM ne nous a même pas donné d'apports théoriques. Un comble! J'ai eu cent fois plus d'occasions de réfléchir à la théorie lors des stages obligatoires pour les néotitulaires. Ces stages étaient assurés par des enseignants en poste, ce qui nous changeait de nos formateurs. C'est là que j'ai, pour la première fois, entendu parler du conflit cognitif. Puis il y a eu certains stages du Plan Académique de Formation qui n'étaient pas trop inintéressants. Et enfin, mon année de préparation à l'agrégation interne d'Histoire-Géographie, intense en réflexions épistémologiques et pédagogiques. C'est au contact de cette préparation à l'agreg' que j'ai le plus évolué. Des gens très calés, en recherche constante de la meilleure approche didactique, avec un esprit critique quant à certaines pratiques pourtant prônées par les I.O.
J'aimerais rendre hommage ici à ces enseignants et inspecteurs.

Posté par stagiaire_iufm à 13:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Mes premières heures de cours

...ont été horribles.

TOUS les élèves sont arrivés en retard. Quand j'ai annoncé qu'on ferait de la poésie, ils ont beuglé. Pendant tout le cours, ils ont bavardé, ne se taisant que lorsque je dictais quelque chose.
Comme ils devaient aller chercher leurs manuels au CDI, j'ai eu un va-et-vient continuel; cinq par cinq, ils entraient et sortaient... donc à chaque fois, il a fallu récapituler pour ceux qui n'avaient pas été là.

Raconter mes premières heures à mes collègues à été très dur.

Le lendemain, ils sont également arrivés en retard, certains avec 20 minutes. Bien sûr, ils n'ont pas été admis en cours et sont revenus en deuxième heure. J'ai de nouveau eu des bavardages, et des refus de travailler; certains en effet refusaient de prendre le cours ou de faire les exercices. J'ai passé beaucoup de temps à les surveiller, à les aider individuellement, à réexpliquer...

Ces comportements, je les ai retrouvés dans tous les établissements que j'ai ensuite fréquentés. Ils n'ont rien d'anormal, et je m'étonne que personne ne nous y ait préparés. Déjà, on aurait dû nous dire que ça nous arriverait, et on aurait dû nous donner quelques trucs, histoire de nous donner un peu de contenance. Il est vrai qu'il est rare que les premiers cours se déroulent aussi mal: les élèves attendent en général un peu avant de "tester" leur enseignant.

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01 avril 2007

Pour éviter de me répéter

Je ne reparlerai pas des cours à l'IUFM en détail, car cela risque d'être répétitif. A chaque fois, il y a le tour de table: chacun raconte ce qu'il fait, mais personne ne développe vraiment le problème de la gestion de classe, alors que nous connaissons tous des difficultés. Ensuite, nous vaquons tous à nos occupations (préparation des cours, correction de copies...), mais sans réelle ligne de conduite, juste quelques maigres conseils.
Un des formateurs dira même: "avec la conseillère que tu as, tu ne devrais pas avoir de problème"! Seulement, je vois bien plus souvent mes formateurs que ma conseillère pédagogique dans la semaine, et c'est quand même à eux de faire l'essentiel du travail de formation... Ou alors il faut supprimer l'IUFM et confier la formation au tuteur, moyennant une importante décharge horaire. Là, ils touchent 30 HSE, c'est-à-dire de quoi me consacrer une heure par semaine (en plus de son emploi du temps).

Mes cours sont très flous et mal pensés. J'ai du mal à évaluer le niveau des élèves et à canaliser leurs débordements. Les critiques de ma conseillère me blessent; psychologiquement, c'est très dur de constater qu'on n'y arrive pas, qu'on ne sait pas comment faire.

Cet état durera un mois, jusqu'à la fin septembre.

 

Posté par stagiaire_iufm à 17:47 - Commentaires [2] - Permalien [#]